Mon Sang, nouvelle étoile dans la galaxie de Clara Luciani

Clara Luciani © Thomas Cristiani

Clara Luciani nous embarque dans l’univers de Mon Sang, troisième album aux influences pop et rock dédié à son petit garçon d’un an et demi. Rencontre. 

Vous êtes de retour sur les routes depuis janvier. À quoi ressemble cette aventure, avec votre fils qui vous accompagne ? 
Tout se passe très bien. Je ne me souvenais pas à quel point j’adorais ça ! La scène permet de me redécouvrir, ça me rend extrêmement heureuse de voir que le public est au rendez-vous. Ce sont des moments très forts et c’est génial de pouvoir faire coexister mes trois albums. C’était important, j’ai vraiment fait les comptes et chacun a autant de place que l’autre ! Il ne s’agissait pas de faire de jaloux, un peu comme quand on a des enfants. Là, j’ai l’impression que l’on a atteint un équilibre assez parfait. La scénographie est aussi un petit écrin dans lequel chacun trouve son bonheur. 

Justement, à quoi ressemble-t-elle ? 
Il y a deux éléments principaux. Au centre, vous avez une espèce de bijou surdimensionné, entouré de perles, comme un médaillon, dans lequel est parfois projeté mon oeil ou de la vidéo. De part et d’autre se trouvent des escaliers, comme un terrain de jeu inépuisable. On peut y créer des tableaux ou les faire totalement disparaître, avec des effets de lumières. C’est un décor à la fois fort et dépouillé, pour que l’on puisse y raconter plein d’histoires. Tous les univers possibles et toutes les facettes de ma musique et de ma personnalité sont en mesure d’y évoluer. L’idée était de ne pas avoir quelque chose de trop marqué, trop rock ou disco.

Tout pour moi – Clara Luciani


Sur les 13 titres de Mon Sang, vous vous adressez directement à votre fils. Comment avez-vous choisi les thèmes que vous souhaitiez aborder ? 
Je crois qu’ils se sont imposés d’eux-mêmes. Puisque j’ai écrit l’album lorsque j’étais enceinte, je pense que je me suis juste écoutée et que je me suis dit « Ok, qu’est-ce que j’aurais envie de raconter à cet enfant qui arrive ? ». Pour la première fois, ce processus a débloqué de nombreuses possibilités, comme par exemple Ma Mère. C’est quelque chose que j’avais envie de faire depuis très longtemps, mais je ne me sentais pas tout à fait prête, pas tout à fait capable de trouver les mots pour raconter mon histoire avec ma maman. Et puis, tout d’un coup, ça s’est libéré. C’est un peu comme si je me regardais dans le miroir, que je me racontais à mon enfant, et aussi à mon public, évidemment. Je me livre avec beaucoup de fidélité, c’est-à-dire que je parle des moments les plus chouettes, comme des moments les plus difficiles, à l’image des chagrins d’amitié ou de mes débuts dans la musique. En tout cas, il n’y avait rien de conscient. J’ai déroulé le fil de ces 32 dernières années, pour revenir sur les événements les plus importants. 

Votre processus d’écriture passe souvent par des prises de notes sur votre portable. Comment cela marche-t-il ? 
C’est généralement des mots-clés, des expressions que j’aime. Par exemple, le terme « sang » m’intéressait beaucoup, parce que je le trouvais à la fois assez dérangeant et symboliquement très fort. Pour moi, il est source de vie, renvoie à la famille. J’aime les tournures qui dérangent, qui ont quelque chose d’un peu brutal. C’est ce qui m’avait poussée à mettre « cul » dans Le Reste (sur l’album Coeur, NDLR). C’est l’idée d’avoir quelque chose d’un petit peu poivré, un truc qui retient notre attention, qui fait que les gens se disent « Mais elle a vraiment dit ça ? », ou qui fait hérisser le poil… J’aime aussi le défi de les mettre dans une chanson et de les rendre poétiques. Comme l’adjectif « généalogique », qui est presque impossible à chanter. Vraiment, je l’avais en tête et je me disais « Mais comment je vais pouvoir le placer, il est inchantable ! ». Sur Mon Sang, je le fais et je crois que ça marche. Donc il y a toujours ce rapport à la prose, j’aime bien placer un langage qui n’est pas poétique au premier abord, ou qui n’a pas forcément une très bonne réputation [rires]. 


Courage, sur la charge mentale, est un morceau rempli de basse, batterie et claviers qui vous est venu après la naissance de votre enfant. Initialement, il ne devait donc pas faire partie de l’album ? 
C’est la seule chanson que j’ai écrite après sa venue au monde, c’est vrai. Je m’étais encore endormie sur le canapé du studio, parce que je ne dormais plus la nuit, et me suis réveillée avec le refrain en tête. J’ai alors dit à mon coéquipier, Sage, « Je crois qu’il va falloir rajouter une chanson au disque, parce que j’ai un truc que je n’arrive pas à me sortir de la tête ! ». 

Sur Interlude, ballade au piano éthérée, on entend la voix de vos grands-parents. L’idée d’ajouter ces extraits était-elle présente dès le début ? 
C’est venu dans un deuxième temps. On l’a d’abord enregistrée, puis je l’ai écoutée à la maison, et je me suis dit « En fait, qu’est-ce qu’elle raconte ? ». Cette chanson, elle veut dire au revoir à la première version de moi. Je me suis donc demandé « Qui est-ce qui représente le mieux cette période-là ? ». Eh bien, ce sont les gardiens de mon enfance, ces voix du passé, et j’avais envie qu’elles résonnent à la fin. Un travail assez fou a été fait par Pierrick Devin, coréalisateur de l’album avec Ambroise Willaume (alias Sage, NDLR), et je me souviens être arrivée chez Pierrick avec plein de vieilles vidéos de mon enfance que j’avais sur mon téléphone. On a même ma voix qui parle avec un accent marseillais à couper au couteau, que j’ai malheureusement perdu entretemps, et ça me touche de me dire qu’il y a un endroit, quelque part sur un disque, où mes grands-parents, mes parents, ma soeur et moi sommes immortels. C’est fort comme mot, mais il y a un truc un peu comme ça, ou en tout cas, je leur ai offert un petit supplément de vie.

Forget Me Not – Clara Luciani & Rufus Wainwright


Quant à Forget Me Not, vous chantez avec l’une de vos idoles, Rufus Wainwright. C’est d’ailleurs Woodkid qui vous a mis en relation.
Oui, et heureusement, car sinon, je pense que j’attendrais encore une réponse ! J’avais contacté Rufus sur Instagram. Je pense qu’il n’avait pas vu mes messages, et donc j’attendais, j’attendais… Un jour, je discute avec Woodkid, qui me dit « Mais moi je le connais super bien, laisse-moi essayer, je fais une conversation Whatsapp à trois. » Et donc il l’a fait, Rufus a répondu immédiatement « Pourquoi pas, envoie la chanson et on verra. » Il a beaucoup aimé et a accepté tout de suite. Il se trouve que Rufus écrivait à ce moment-là un opéra qu’il allait jouer à Paris (Dream Requiem, créé le 14 juin 2024, NDLR), donc j’ai attendu qu’il vienne faire son opéra, puis il s’est échappé deux heures, dans l’après-midi, pour chanter avec moi. Ça reste à tout jamais un très grand moment.

Pourquoi ce titre clôt-il votre album ?
Je pense que la fin de la chanson le justifie, car il y a une envolée lyrique un peu épique, avec beaucoup de violons, une explosion à la Beatles. Je trouvais que ce moment-là devait être à la fin du disque, que c’était peut-être la dernière chose que j’avais envie que les gens entendent.


Au Zénith (Strasbourg) jeudi 13 mars, à la Rockhal (Esch-sur-Alzette) vendredi 14 mars, à l’Arena (Reims) samedi 15 mars, au Festi’neuch (Neuchâtel) samedi 14 juin, aux Eurockéennes (Belfort) samedi 5 juillet et au Galaxie (Amnéville) samedi 13 décembre
claraluciani.fr 

 

 

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